Un bâtiment hors normes

LE REFUGE DU GOUTER

UN SYMBOLE INTERNATIONAL DE L’ALPINISME

 

* De 1786 à 2009 : Plus de deux siècles d’alpinisme…

Plus haut refuge gardé d’Europe, le refuge du Goûter se dresse à proximité de l’Aiguille du même nom, à 3 817 mètres d’altitude. L’histoire de ce bâtiment est indissociable de l’histoire de l’ascension du mont Blanc. Le refuge du Goûter est en effet situé sur l’itinéraire le plus fréquenté pour rallier le sommet du mont Blanc : la légendaire « voie normale » (appelée aussi voie des Cristalliers, ou encore « Voie royale »). Partant de Saint-Gervais, cette dernière amène les alpinistes à emprunter le Tramway du Mont-Blanc pour rejoindre le Nid d’Aigle. L'ascension débute alors en direction du refuge de Tête Rousse, puis passe par le couloir du Goûter avant de rejoindre le refuge du Goûter pour la nuit. Après un départ à deux heures du matin, les alpinistes passeront notamment par le Dôme du Goûter, l’arête des Bosses avant d’apercevoir …le sommet.

 

* Le premier édifice – une « simple » hutte – date de 1854. Construit à l’initiative du docteur Charles Loiseau, il répond à un objectif essentiel auquel toutes les bâtisses ultérieures se destineront : permettre aux alpinistes de dormir une nuit au sommet de l’Aiguille du Goûter avant de repartir le lendemain matin aux aurores pour achever l’ascension du toit de l’Europe. Choisir le site du Goûter consacrait par ailleurs définitivement la voie d’ascension du mont Blanc par l’itinéraire du Goûter.

 

* Au fil du temps, diverses versions du refuge du Goûter ont été bâties, permettant d’accueillir dans des conditions de confort et de sécurité sans cesse améliorées un nombre croissant d’alpinistes. Après une cabane en bois (d’une capacité de quatre personnes), bâtie en 1858, viendront en effet le refuge de 1906 bâti par le Club alpin français (sept places), le refuge privé de trente places érigé en 1936 et, avant-dernière étape de ces défis de haute altitude, l’actuel bâtiment, construit à partir de 1960 et mis en service en 1962. Une annexe de 40 places a été bâtie en 1990 sur l’emplacement de la cabane initiale de 1906.

 

* Fréquentation du refuge

Le refuge est gardé quatre mois pendant l’été, de fin maià fin septembre (en dehors de cette période de gardiennage, un local d’hiver est à disposition des alpinistes dans l’annexe). La fréquentationmoyenne durant cette période de gardiennage est de 9000 nuitées.La clientèle est composée à 55% d’étrangers, venant essentiellement d’Espagne, du monde anglo-saxon (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Irlande, Canada), d’Allemagne et d’Autriche, mais aussi du Japon et des pays d’Europe centrale. La moitié des clients sont accompagnés par un guide de haute montagne.

 

 

 

LE NOUVEAU REFUGE DU GOUTER,

UNE MODERNITE RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT…

 

* Description du nouveau refuge

Inauguré en 2014, le nouveau refuge du Goûter est le fruit d’une concertation entre les services de l’Etat et du département de la Haute-Savoie, la commune de Saint-Gervais, les professionnels de la montagne et la FFCAM. Il consiste en la construction d’un nouveau bâtiment d’une capacité de 120 places, situé à 200 mètres environ au sud-est des anciens, toujours sur l’arête rocheuse de l’aiguille du Goûter.

 

* Des formes adaptées aux contraintes de l’environnement…

Le bâtiment doit s’adapter à une étroite arête rocheuse balayée par des vents du sud-ouest – qui apportent la neige – pouvant atteindre 230 km à l’heure ! Implanté au bord de l’arête, sur un site stable, orienté sur l’éperon dans la direction des vents dominants en bordure d’un grand couloir, le nouveau refuge a une forme arrondie ellipsoïde compacte. Celle-ci oppose en effet un minimum d’appui au vent et à la neige. Objectif : minimiser les accumulations de neige sous le vent rabattant, derrière le bâtiment. Ce refuge, d’une surface totale de 684 m2, est dessiné sur quatre niveaux étagés dans la pente.

 

* Système constructif et vêture : créer une ambiance chaude.

Le bâtiment est réalisé à l’image d’une résille en bois protégée de métal. Une plateforme métallique, support du refuge, est ancrée sur l’arête rocheuse. Le noyau du refuge est constitué d’une structure poteau poutre en bois également. L’ensemble des éléments du bâtimenta été préfabriqué en vallée et monté sur le site à l’image d’un mécano.

La vêture extérieure du refuge esten acier inox opposée à la vêture intérieure, traitée en bois pour créer une ambiance chaude, un esprit montagne.

 

* Energie et intégration dans le milieu naturel : des solutions douces et durables.

Le nouveau refuge limite son impact visuel sur le paysage par un encastrement dans un éperon rocheux du versant sud-ouest. Son éloignement de l’extrémité de l’arête vers le sud, allié à son rapprochement du massif de l’Aiguille de Bionnassay, le rendent un peu moins visible de la vallée.

L’alimentation en énergieest assurée partiellement par un ensemble de capteurs solaires – ils permettent notamment l’alimentation des systèmes de sécurité – ainsi qu’une centrale en cogénération produisant chaleur et électricité, alimentée au gaz.

 

* Gestion environnementale et protection du site : un traitement responsable des déchets et des effluents.

- Une partie de la ressource en eauest assurée par la mise en place d’un fondoir de neige intégré à la construction du refuge. Ce système alimentée par du solaire thermique est autonome.

- Un système de WC secs assure la gestion des effluents sans impact polluant sur le milieu.

- Un tri sélectif de l’ensemble des déchets et leur réduction est en placepour limiter les encombrements et le nombre d’évacuations héliportées.

 

 

ELEMENTS BUDGETAIRES

 

Le coût total de cette opération est de plus de sept millions d’euros. Le financement de ce projet – qui s’inscrit dans une logique de service public et concerne toute la communauté montagnarde –  a été subventionné par l’Etat, la région Rhône-Alpes et les collectivités territoriales.